Les enfants face à la précarité : les chiffres

Les jeunes sont les premières victimes de la pauvreté. En France, un enfant sur cinq vit dans la précarité. Dans le monde, la moitié des enfants sont très pauvres. Si les jeunes Français pâtissent essentiellement de la faiblesse des revenus de leurs parents, avec notamment des conséquences sur leurs parcours scolaires, les quelque 1 milliard d’enfants pauvres dans le monde subissent des privations graves, parfois mortelles.

Pauvreté des enfants en France, il y a urgence !

En france, 1 enfant sur 5 naît pauvre

  • 3 millions d’enfants sont pauvres
  • 30 000 enfants vivent à la rue avec leur famille
  • 19,1 % des moins de 18 ans vivent au-dessous du seuil de pauvreté
  • 26% des moins de 30 ans sont pauvres
  • 33% des enfants pauvres vivent dans une famille monoparentale
  • 20% des Français ont du mal à payer la cantine de leurs enfants
  • 50% des familles pauvres ne partent pas en vacances
  • 6 générations, c’est le temps qu’il faut à l’ascenseur social pour sortir un enfant de la pauvreté
  • 1015€, c’est le seuil de pauvreté en France

Une précarité des jeunes qui s’aggrave

Dans son rapport Chaque enfant compte publié en 2015, l’Unicef dresse un constat alarmant sur la situation des mineurs en France. Un état de fait qui s’est détérioré depuis la crise économique de 2008. En effet, 440 000 enfants auraient depuis plongé, avec leur famille, dans la précarité, portant le nombre d’enfants pauvres à 3 millions. Une régression d’autant plus grave quand on sait qu’il faut compter 6 générations pour sortir de la pauvreté !

Un enfant de pauvre deviendra-t-il un adulte pauvre ?

Comme le souligne l’Observatoire des inégalités, plutôt que d’enfants pauvres, il convient de parler d’enfants de pauvres, le plus souvent d’enfants de personnes sans emploi ou de travailleurs pauvres. Or, les privations dont souffrent les familles modestes pèsent sur les enfants. Vivre dans une famille pauvre constitue l’une des composantes de la reproduction des inégalités, principales responsables du décrochage scolaire et de la difficulté à s’insérer dans la vie professionnelle.

Dans son étude A broken social elevator ? l’OCDE montre à quel point la mobilité sociale est bloquée en France. D’après l’organisation internationale, il faudrait 6 générations pour que les enfants nés dans une famille au bas de l’échelle sociale atteignent le revenu moyen français. Une reproduction sociale à l’œuvre aussi bien dans le domaine professionnel (les enfants de cadres deviennent cadres, les enfants d’ouvriers peinent à s’élever dans la hiérarchie socioprofessionnelle) que dans le domaine scolaire. Ainsi, seulement 17% des enfants issus de familles n’ayant pas fait d’études supérieures accèdent à l’université.

Dans le monde, la moitié des pauvres sont des enfants

Faits et chiffres sur les enfants pauvres dans le monde

  • 2 milliards d’enfants pauvres
  • 385 millions d’enfants extrêmement pauvres*
  • 120 millions d’enfants à la rue dans le monde
  • 90 millions d’enfants souffrants de carences nutritionnelles graves
  • 2,6 millions de nourrissons meurent chaque année, principalement sur le continent africain
  • 4 enfants extrêmement pauvres sur 5 vivent en milieu rural
  • 10% des enfants travaillent, dont la moitié dans des conditions dangereuses

*enfants vivant dans des foyers subsistant avec moins d’1,90 dollar par jour

Quand la misère conduit à la mort des enfants

Le rapport de l’Unicef sur la situation des enfants dans le monde en 2016 est sans appel : si rien n’est fait urgemment, 69 millions d’enfants de moins de 5 ans décéderont entre 2016 et 2030. En cause ? L’extrême pauvreté qui prive ces enfants d’eau potable et de soins élémentaires. Car nombre de ces décès sont liés à des maladies qui auraient facilement pu être évitées ou aisément soignées. Ainsi les diarrhées et les pneumonies, qui à celles seules tuent chaque année 1,4 million d’enfants.

60 millions d’enfants toujours pas scolarisés

Certes, les 1 milliard d’enfants pauvres ne sont pas tous victimes de la faim. Mais ils sont concernés par d’autres graves privations, en particulier la difficulté d’accéder à l’éducation. Ainsi, 13% des enfants âgés de 7 à 18 ans ne sont jamais allés à l’école (un taux qui monte à 16% pour les filles) et 60 millions d’enfants en âge de fréquenter le primaire n’étaient toujours pas scolarisés en 2015. Là encore, l’Afrique subsaharienne est, de loin, la zone la plus concernée. Selon le rapport mondial de suivi sur l’Éducation 2015 de l’Unesco, si le taux d’élèves scolarisés dans le secondaire atteint 92 % dans les pays riches, il n’est que de 33 % en Afrique subsaharienne et peine à atteindre la moyenne mondiale en Asie du Sud et de l’Ouest. Et les auteurs du rapport de préciser : « Les enfants les plus pauvres ont quatre fois moins de chances de fréquenter l’école que les enfants les plus riches et la probabilité qu’ils n’achèvent pas l’éducation primaire est cinq fois supérieure. »

Un enjeu de taille quand on sait – toujours selon l’Unesco – que le taux de pauvreté mondial pourrait être divisé par deux si tous les élèves achevaient leurs études secondaires !