Quand les inégalités mondiales prospèrent

Le World Inequality Lab publie un bilan accablant dans le rapport sur les inégalités mondiales en 2018. Il montre des écarts grandissants de revenus et de patrimoine dans le monde depuis 1980.

Certes, le rapport souligne dès les premières lignes à quel point l’inégalité est un phénomène complexe et multidimensionnel, et dans une certaine mesure inévitable. « Néanmoins, nous avons la conviction, affirment les auteurs, que si l’aggravation des inégalités ne fait pas l’objet d’un suivi et d’un remède efficaces, elle pourrait conduire à toutes sortes de catastrophes politiques, économiques et sociales. »

Sur la base d’une méthodologie innovante qui rassemble une base de données de toutes les informations disponibles (revenus et patrimoines issus des comptabilités nationales), les auteurs dressent un état des lieux sans appel : les inégalités de revenus ont augmenté dans toutes les régions du monde au cours des derniers décennies, mais à des rythmes différents.

La part du revenu national allant aux seuls 10% des plus gros revenus est de 37% en Europe, 41% en Chine, 46% en Russie. La palme d’or des inégalités au sein des pays développés revient à l’ensemble comprenant les Etats-Unis et le Canada.

Si depuis 1980, les inégalités de revenus ont augmenté rapidement en Amérique du Nord (Etats-Unis), en Chine, en Inde et en Russie, elles restent plutôt modérées en Europe.  Quant aux pays du Moyen-Orient, d’Afrique subsaharienne ou encore du Brésil, les inégalités de revenus sont (en apparence seulement) restées relativement stables. Et pour cause : cette situation d’apparente stabilité des inégalités s’explique en réalité par le simple fait que ces trois régions du monde n’ont jamais connu de régime de croissance égalitariste. Inégalitaires elles étaient hier, inégalitaires elles demeurent aujourd’hui.

Comment se comportent les inégalités au niveau de la planète ? Grâce à la forte croissance de l’Asie (Inde et Chine), la moitié de la population mondiale a vu son revenu augmenter. Mais à y regarder d’un peu plus près, les 1% les plus riches ont capté 27% du cumul de la croissance mondiale depuis le début des années 80, pendant que les cinq premiers déciles (50% les plus pauvres) en captaient à peine 12%. Entre ces deux extrémités, il y a les classes dites moyennes qui, au niveau mondial, se sont appauvries.

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