Les enfants pauvres, grands perdants de l’école à distance

Break Poverty présente le sondage mené par l'IFOP en son nom : "Le regard des parents sur l'école à distance"

Alors que le retour à l’école s’opère progressivement, les bilans de l’école à distance se multiplient saluant l’engagement des professeurs. Pour autant, ce volontarisme n’a pas toujours été en mesure de prévenir une fracture éducative. Un sondage réalisé auprès de parents d’élèves pour le compte de Break Poverty met en lumière leur ressenti.

Annoncé prestement le 13 juin dernier par le président de la République, la fermeture des écoles, collèges et lycées a plongé personnels éducatifs, parents d’élèves et acteurs associatifs dans l’inquiétude. Et pour cause, l’école à distance était synonyme de double peine pour les élèves d’origine modeste.

Non seulement, le soutien familial ne pouvait se substituer à l’accompagnement des enseignants mais les inégalités en matière d’équipement numérique annonçaient un confinement d’autant plus dommageable pour les élèves de familles démunies.

Au final, c’est bien un risque d’aggravation du décrochage scolaire qui s’annonçait pour les élèves les plus fragiles, qui rappelons-le sont majoritairement issus en France d’un milieu social défavorisé.

Ces craintes se sont révélées justes à la lumière des premières analyses menées. Il existe une corrélation étroite entre fracture sociale et fracture éducative. Un sondage, réalisé par l’IFOP, en mai dernier, pour le compte de Break Poverty la confirme.

Dans ce cadre, l’IFOP a interrogé pas moins de 801 familles ayant au moins un enfant scolarisé dans l’enseignement primaire ou secondaire.

Des inégalités scolaires aggravées par la crise

Continuité éducative oblige, les outils numériques ont été cruciaux afin de maintenir un enseignement à distance. Pourtant, l’ensemble des élèves étaient loin de partir “à armes égales” s’agissant de leurs conditions matérielles. Moins d’un enfant sur cinq, parmi les enfants de famille modeste interrogées disposait d’un ordinateur au sein de l’échantillon étudié. Dans le meilleur des cas l’usage du téléphone mobile devient le dernier recours. Malgré sa faible adéquation à un suivi pédagogique.

Dans le pire des cas, les élèves n’ont tout simplement pas de contact avec leur professeur . Ce fût la réalité d’un enfant sur quatre sans ordinateur contre seulement 6% pour ceux équipés.

L’environnement, déterminant de la réussite scolaire

La possession d’un ordinateur ne présage par ailleurs en rien d’un espace étude calme pour l’élève et donc séparé. Là encore, la fracture sociale ne fait pas dans le détail : quatre enfants sur dix parmi les catégories pauvres et modestes ne disposent pas d’un espace d’étude séparé.

Absence d’ordinateur, espace d’étude bruyant, soutien familial qui pâtit d’une origine modeste, autant de facteurs qui font craindre une augmentation du décrochage scolaire chez les élèves les plus fragiles. Là encore, le ressenti des familles modestes et de milieu aisé est aux antipodes. Près de trois familles pauvres sur cinq ont peur que leurs enfants décrochent. Moins d’une famille aisée sur trois partage cette inquiétude.

Outre cela, cette opération traduit la réussite d’une synergie entre acteurs privés, associatifs et publics.

Pour autant, à l’heure où le déconfinement n’a entraîné qu’un retour partiel à l’école et alors même que les élèves en risque de décrochage ne font pas forcément partie des élèves à nouveau en classe du fait de l’inquiétude sanitaire des familles, les acteurs de l’opération “Connexion d’Urgence” ont décidé de poursuivre leurs efforts pour résorber cette fracture numérique qui nuit tant à l’égalité face à l’enseignement.



Un autre virus se transmet en France : la pauvreté.J'AGIS
+