Ces jeunes français touchés par crise sanitaire : à quoi sont-ils réellement confrontés ?

Si les ravages de la Covid19 sur le plan sanitaire ne sont plus à démontrer, d’autres conséquences, plus silencieuses, touchent la jeunesse française de plein fouet.
Cette génération Covid est menacée de précarité et de détresse sociale, mais aussi d’une potentielle baisse de revenus estimée sur plus d’une décennie.

Une véritable détresse économique chez les jeunes français les plus vulnérables

La crise accentue les vulnérabilités sociales déjà existantes, et fait basculer des milliers de jeunes dans la précarité. En effet, les moins de 30 ans représentent 35% de la population et près de 50% des personnes pauvres. La hausse du coût de la vie et les suppressions d’emploi du fait de la pandémie font reculer le niveau de vie des étudiants. Selon une enquête parlementaire réalisée auprès de 50% des jeunes français en fin d’année 2020, 30% d’entre eux affirment avoir renoncé à des soins ou à des achats de première nécessité pour des raisons financières.

Selon le rapport qui résulte de la même enquête et publié en décembre 2020, on déplore aussi une précarité alimentaire chez plus de la moitié de ces jeunes, puisque 55,8% des étudiants ont rencontré des difficultés financières pour les dépenses alimentaires durant le second confinement.

Un autre facteur s’ajoute à la liste des conséquences de la crise pour ces jeunes : le mal logement. Il existe peu d’études sur cette réalité, mais selon l’Observatoire des Inégalités, il s’agit bien d’une forme de pauvreté non négligeable : les faibles revenus rendent difficiles l’obtention d’un bail, tout comme l’absence d’un CDI.

De l’isolement à la détresse psychologique, ces peines invisibles vécues au quotidien par la génération Covid

Si les plus précaires sont sans doute les plus touchés économiquement, les conséquences de la crise sont telles que même les plus aisés ne sont pas épargnés par une détresse sociale.
En effet, l’isolement et le sentiment profond d’abandon auquel les étudiants font face depuis plus d’un an est traumatisant pour ces jeunes qui, généralement livrés à eux-mêmes et sans aucun soutien émotionnel, n’ont parfois plus d’interaction sociale du fait des confinements mais également de la rupture du lien avec les lycées et universités.

Ce sentiment est pesant pour celui qui l’endure, et peut devenir plus grave si d’autres facteurs anxiogènes s’y ajoutent, comme la précarité financière.

Arrivée sur le marché de l’emploi, cette jeunesse n’est toujours pas épargnée

Depuis décembre dernier, on constate une augmentation du chômage en France. Au troisième trimestre 2020, le nombre de chômeurs atteint 2,7 millions de personnes en France métropolitaine, en hausse de 628 000 personnes selon l’Insee. Au total, ce taux progresse davantage pour les jeunes (+2,6 points) que pour les autres classes d’âge.

Cette croissance est inquiétante car les conséquences seront vécues sur le long terme pour les jeunes concernés. Deux chercheurs américains, Hannes Schwandt et Till von Wachter, ont ainsi expliqué que les personnes entrant sur le marché du travail lors d’une crise subissent des pertes de revenus pendant quinze ans. Le FMI le confirme : au moment où ces jeunes travailleurs d’aujourd’hui atteindront l’âge de 40 ans, ils gagneront 7% de moins chaque année que s’ils étaient entrés sur le marché du travail l’année dernière.

 

 

Crédit photo : Neet2, Sutterstock.



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