Les conséquences économiques de la crise sanitaire en France

Avec un million de personnes que l’on estime avoir basculé dans la pauvreté en 2020, les conséquences économiques de la crise sanitaire que nous traversons sont dramatiques sur la population. A l’échelle nationale, 30% des personnes de foyers modestes estiment que leur situation financière s’est dégradée durant le premier confinement[1]. Et malgré le déconfinement partiel, cette tendance se maintient : 43% des actifs français disent avoir perdu une partie de leurs revenus[2].  Par ailleurs le nombre de demandeurs du revenu de solidarité active a augmenté de 10% depuis un an. Ainsi, ce sont tous les territoires, urbains ou ruraux, qui sont affectés.

Parmi les plus touchés par la crise, on compte les étudiants ayant de « petits boulots », les intérimaires, mais aussi les entrepreneurs et les artisans. De plus, d’après Manuel Domergue, Directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, les familles monoparentales sont les « nouveaux pauvres » de la Covid[3], et plus précisément les femmes seules, dont les emplois précaires n’ont pas survécu à la crise.

En conséquence, un sentiment d’insécurité ronge les Français. Selon un sondage récent, la peur de basculer soi-même dans la pauvreté augmente de 3 points par rapport à l’année dernière. Un Français sur quatre a déjà restreint les quantités dans son assiette, et un Français sur sept saute des repas. En bas de l’échelle des revenus, ces chiffres sont de 46% et de 38%.

 

Une épreuve plus particulièrement difficile pour les jeunes

Ce sont avant tout les jeunes qui subissent de plein fouet Les conséquences économiques de la crise sanitaire . Celle-ci a entraîné une baisse des ressources pour 41% des jeunes[4], les obligeant à réduire leur niveau de vie. Comme le constatent les associations, la crise a poussé de nombreux jeunes à avoir recours à l’aide alimentaire et aux diverses offres de services de ces dernières, ce qui n’était pas le cas avant.

Cette crise frappe d’abord les jeunes car ils occupent des emplois précaires et sont par conséquent les premières victimes de la crise économique. De plus, les jeunes entrant sur le marché du travail « n’ont pas droit aux aides destinées aux victimes de la crise, parce qu’ils n’ont pas acquis le minimum de droits pour y accéder » explique Lucas Chancel, codirecteur du Laboratoire sur les inégalités mondiales à l’Ecole d’économie de Paris.

Outre cet appauvrissement général chez les jeunes français, ces derniers doivent relever de nombreux défis sur le plan scolaire. Avec l’enseignement distanciel, 44% des parents d’enfants scolarisés pensent que leurs enfants ont pris du retard, considéré comme difficile à rattraper dans 15% des cas. Lorsque les parents ont un diplôme inférieur au bac, ils sont respectivement 57% et 33%.

 

Un avenir compromis ?

Les conséquences les plus redoutables sont probablement celles à venir. 800 000 emplois ont déjà été supprimés et de nombreuses autres suppressions sont à craindre. Les offres d’emploi accessibles aux jeunes diplômés ont par ailleurs chuté de pratiquement 40% en 2020 par rapport à 2019[5]. C’est donc également l’insertion professionnelle des jeunes sur le marché de l’emploi qui est compromise.

Cela, les Français en ont bien conscience. 81% des personnes interrogées considèrent que le risque de pauvreté est plus élevé encore pour leurs enfants que pour elles-mêmes[6]. Ainsi, l’Observatoire des inégalités souligne que la situation est désastreuse car la crise sanitaire va fortement renforcer un phénomène que l’on observe depuis une vingtaine d’années : la paupérisation massive des jeunes.  

 

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[1] INSEE, Conditions de vie pendant le confinement : des écarts selon le niveau de vie et la catégorie socio professionnelle, le 19 juin 2020

[2] Secours Populaire, Baromètre Ipsos / SPF 2020 : la précarité depuis la Covid 19, 30 Septembre 2019

[3] France culture, Crise économique : qui sont les « nouveaux pauvres ? », le 7 octobre 2020

[4] Baromètre Prism’ Emploi, Les jeunes et l’emploi – post première vague Covid, le 16 novembre 2020

[5] France culture, Covid 19 : quand les diplômes n’aident plus à rentrer sur le marché du travail, Diane Berger

[6] Secours Populaire, Baromètre Ipsos / SPF 2020 : la précarité depuis la Covid 19, 30 Septembre 2019

 

Crédits photos : TheBigLand / Shutterstock.



Urgence Premiers Pas : faisons grandir les enfants, pas la pauvreté.J'AGIS
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