Une personne dans la rue sans-abri

Les chiffres de la pauvreté en France

La France compte aujourd’hui 8,8 millions de personnes pauvres selon l’INSEE, soit environ 14% la population française. Les populations les plus exposées au risque de pauvreté sont aujourd’hui les jeunes, les familles monoparentales, les chômeurs et les urbains.

La pauvreté en France en 2018

En France, le seuil de pauvreté monétaire est fixé à 60% du revenu médian, soit 1 026€ pour une personne seule. Selon les derniers chiffres de l’INSEE, 14% de la population française (soit 8,8 millions d’individus) est donc considérée comme pauvre. Cela représente une augmentation de plus d’un million en 10 ans.

A la pauvreté monétaire s’ajoutent d’autres difficultés et privations, qui impactent fortement la qualité de vie des personnes en situation de précarité. Selon le baromètre Ipsos/Secours Populaire 2018, 21% des français (environ 14 millions d’individus) seraient concernés par la « précarité alimentaire », et ne parviendraient pas à se procurer une alimentation saine pour assurer trois repas par jour. Une récente étude de l’IFOP publiée en mars 2019, montrait quant à elle que 3 millions de français seraient également victimes de « précarité hygiénique », les obligeant à se priver régulièrement de produits d’hygiène de  base. Les femmes et les enfants sont particulièrement concernés dans les deux cas. En effet, on peut noter que tous les individus ne sont pas égaux face au risque de pauvreté.

Les populations les plus touchées par la pauvreté

Les CHÔMEURS et inactifs fortement exposés au risque de pauvreté

Si l’on mesure la pauvreté selon le « statut d’activité », les chômeurs apparaissent comme la principale catégorie à risque. En 2016, ils étaient 35% à être pauvres. Du côté des inactifs (enfants, étudiants, retraités et autres inactifs), la situation est plus nuancée. A l’exception des retraités, ils sont eux-aussi fortement impactés par la précarité, ce qui s’explique par des revenus et/ou un apport financier d’autres membres du ménage généralement faibles voire inexistants. Les retraités, , ne sont que 8% à être pauvres, fruit d’une évolution des revenus spectaculaires puisque ce taux s’élevait à près de 30% en 1970. Assez logiquement, enfin, les actifs occupés sont, quant à eux, les mieux lotis avec un taux de pauvreté de 7,5%. Notons toutefois que la CSP (Catégorie Socio-Professionnelle) est à l’origine d’une grande hétérogénéité au sein des actifs occupés : près d’un quart (23%) des agriculteurs, chefs d’entreprises et artisans et 18% des ouvriers et employés sont pauvres. Ils ne sont que 3% chez les cadres.

taux de pauvreté selon le statut d'activité français en 2015

Un risque de pauvreté qui diminue avec l’âge

On constate que dans l’ensemble, le risque de pauvreté diminue avec l’âge. 20% des mineurs sont aujourd’hui considérés comme pauvres, et ce chiffre augmente généralement avec la taille de la fratrie et l’âge. Les jeunes adultes (18-24 ans) sont de loin les plus à risque, puisqu’un quart d’entre eux vit sous le seuil de pauvreté. Ce chiffre, qui était de 17% en 2001 est le fruit de l’accroissement du chômage des jeunes, passé de 16% à 21% en près de 15 ans. Le taux de pauvreté décroît ensuite pour les catégories d’âges supérieures, et passe sous la barre des 15% (et même 10% après 65 ans).

Les zones urbaines concentrent d’avantage de précarité

En matière de répartition géographique, on constate que la pauvreté est avant tout urbaine, ce qui n’était pas le cas il y a encore 10 ans. Plus précisément, elle se concentre dans les villes de plus de 20 000 habitants : le taux de pauvreté y est de 17,3% contre 12,4% dans les petites communes (-20 000 habitants) et 9,9% dans les communes rurales en 2016. Résultat : 65% des personnes pauvres vivent dans les grands pôles urbains, essentiellement dans les grandes régions industrielles, les grandes villes et les régions avec une forte immigration au Nord-Est de la France et autour de la Méditerranée. A cet égard, on peut noter que deux catégories de populations sont particulièrement touchées par la précarité urbaine. D’une part les personnes immigrées, et d’autre part les habitants des Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV), tous deux 3 fois plus pauvres que la moyenne nationale (respectivement 38,6% et 42%).