Visite d’Olivier Noblecourt à Romans sur Isère

Un mois après l’annonce du Plan Pauvreté par le Président de la République, Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes, s’est rendu à Romans sur Isère pour constater in situ le succès de la Dotation d’Action Territoriale, dispositif conçu par Break Poverty Foundation.

Break Poverty Foundation s’est réjouie de la visite d’Olivier Noblecourt le 22 octobre à Romans sur Isère où a été testé avec succès le dispositif de Dotation d’Action Territoriale visant à mobiliser les entreprises sur leur territoire contre la pauvreté des jeunes.

La réussite de ce projet pilote a encouragé le gouvernement à retenir cette mesure dans le Plan Pauvreté. L’objectif à présent est d’étendre ce dispositif au niveau national : « Je suis venu ici pour apprendre de vous et de votre expérience afin de la développer ailleurs (…) C’est un sujet central de notre pays de savoir comment les territoires qui ont connus de périodes difficiles, repartent et redémarrent » a ainsi indiqué Olivier Noblecourt.

Olivier Noblecourt s’est plongé au cœur de la DAT avec une série de rencontres avec les acteurs impliqués dans ce dispositif : élus locaux, acteurs institutionnels (CCAS), associations, bénéficiaires et entreprises.

La journée de visite a débuté par la rencontre de Madame le Maire, dont le soutien dans la mise en place et le suivi de ce dispositif a été un levier important de sa réussite. Elle s’est dit séduite par « la DAT qui permet de traiter non seulement la pauvreté économique mais plus globalement toutes les souffrances psycho-sociales susceptibles d’en devenir le terreau : isolement, perte de confiance en soi, décrochage » (Marie-Hélène Thoraval, Maire de Romans-sur-Isère).

Le problème de la pauvreté et les réponses à apporter à ce phénomène multidimensionnel est en effet une préoccupation importante et un défi quotidien pour la ville de Romans sur Isère, où les statistiques de la pauvreté sont près de deux fois supérieures à la moyenne nationale.

Il existe néanmoins des solutions concrètes portées par des associations qui, grâce au dispositif de la DAT, ont pu développer de nouveaux projets ou renforcer des actions existantes en matière de lutte contre la pauvreté.

Olivier Noblecourt a rencontré 3 d’entre elles : les Plombiers du Numériques, Lab’elles et la Digitale Académie.

Olivier Noblecourt s’est entretenu avec deux des douze jeunes qui intégreront le 5 novembre la première Promotion des Plombiers de Numériques. Cette école unique en France vise à former des jeunes qui ont quitté l’école sans qualification et sans diplôme, aux métiers de techniciens de la fibre. Ces « douze jeunes vont connaitre une formation pensée spécifiquement pour eux (…) qui va leur permettre une insertion professionnelle, mais aussi et surtout l’envie et la possibilité de partir du bon pied » (Olivier Noblecourt).

Il s’est ensuite rendu à l’association Lab’elles, située au cœur de la Monnaie, qui accompagne des jeunes filles de ce quartier prioritaire afin de les intégrer dans un parcours de formation et d’insertion.
Grâce à la DAT, des moyens humains (recrutement d’un éducateur), logistiques (augmentation des heures et jours d’ouverture du local) et matériels (achat d’équipements informatiques) supplémentaires ont pu être trouvés grâce au soutien des entreprises partenaires.  Ceci ayant pour objectif l’amélioration des conditions d’accompagnement et l’augmentation du nombre de jeunes filles pouvant bénéficier de ce dispositif.

Olivier Noblecourt, accompagné des porteurs de projets de la Digitale Académie (FIPNES et Acces), a ensuite visité ce nouveau campus situé en centre-ville de Romans, qui ouvrira ses portes en septembre 2019. Ce projet inscrit dans le cadre de la lutte contre le décrochage post-bac, permettra à trente jeunes qui ne peuvent se rendre à l’université pour des raisons socio-économiques, d’accéder à des études supérieures.

La journée de visite s’est achevée par un moment d’échange avec les entreprises qui ont fait le choix de s’engager dans le dispositif de la DAT. Les retours sont là aussi unanimement positifs.

Aujourd’hui, c’est 220 000 euros qui ont déjà été collecté pour financer directement six projets de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes. Ce chiffre devrait passer à 1 million d’euros d’ici trois ans avec le concours de la Mairie.

Au-delà de la satisfaction d’investir concrètement dans l’avenir de leur territoire, les entreprises se sont dit séduites par l’aspect humain et le sens du collectif inhérent à ce dispositif. Au-delà de leur contribution financière, certaines d’entre-elles souhaitent désormais aller plus loin et impliquer leurs salariés dans les projets soutenus.

La prochaine étape est désormais de déployer la DAT au niveau national afin que l’expérience réussie de Romans se démultiplie sur d’autres territoires et profite ainsi au plus grand nombre. Pour ce faire, Break Poverty se réjouit de pouvoir compter sur le soutien et la mobilisation de nombreux partenaires. « Nous allons essayer, grâce à Break Poverty Foundation et aux acteurs qui vont se mobiliser, de faire en sorte que les bonnes idées et les bonnes initiatives ici à Romans trouvent des traductions ailleurs » (Olivier Noblecourt).

Le défi est de taille mais il est nécessaire de le relever pour créer les conditions d’un réel changement et participer à la transformation de notre modèle social, en donnant une vraie chance aux jeunes générations de construire les bases d’un avenir auquel elles puissent appartenir.