Créer des alliances pour prévenir la pauvreté des jeunes

Retour d’expérience sur la Dotation d’Action Territoriale (DAT) lors d’un événement national

Le 26 janvier 2021, en présence de Marine Jeantet, Déléguée interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, Break Poverty a réuni plus d’une centaine d’acteurs des territoires (collectivités, clubs d’entreprises, acteurs philanthropiques, etc.) lors d’une visio-conférence nationale pour présenter son dispositif d’alliance contre la pauvreté des jeunes.

A cette occasion, Marie-Hélène Thoraval, Maire de Romans-sur-Isère et Philippe Choteau, Directeur Général de In Extenso Nord de France, ont pu témoigner de leur engagement dans cette démarche sur leur territoire.

Il est urgent d’agir collectivement pour la jeunesse

Denis Metzger, fondateur de Break Poverty  a commencé par rappeler l’urgence d’agir en faveur de la jeunesse défavorisée et de traiter les causes du déterminisme social : « En France, 26 % des jeunes vivent sous le seuil de pauvreté ».

L’action de la Fondation repose sur deux convictions : l’entreprise a un rôle à jouer car seuls, les pouvoirs publics ne pourront pas résorber la pauvreté, et la solution doit être territorialisée car c’est à cette échelle que les alliances peuvent au mieux répondre aux problématiques de pauvreté. Pour cela, elle a créé la Dotation d’Action Territoriale, « une méthode simple et efficace pour faciliter l’engagement des entreprises en faveur de la jeunesse sur leur territoire », et qui a déjà fait ses preuves à Romans-sur-Isère, Nantes et Béthune, où une vingtaine de projets associatifs ont déjà été soutenus par les entreprises locales.

Ce que nous recherchons aujourd'hui ce sont de nouveaux territoires, pour mettre notre expérience de la DAT au service de la jeunesse.
Denis Metzger, Président de Break Poverty Foundation.

La DAT, une méthodologie d’alliance au service des jeunes défavorisés sur nos territoires

« Aujourd’hui, ce sont déjà plus de 850 bénéficiaires qui ont été accompagnés à Romans, et 92% des entreprises impliquées comprennent mieux le rôle qu’elles peuvent jouer dans la lutte contre la pauvreté », témoigne Marie-Hélène Thoraval, Maire de Romans-sur-Isère, le premier territoire à avoir déployé la DAT. Cette ville a en effet tout de suite été séduite par le caractère innovant du dispositif qui permet de développer la solidarité des entreprises envers la jeunesse.

Témoignage de Marie-Hélène Thoraval, Maire de Romans-sur-Isère, premier territoire porteur de DAT (depuis 2018) : sa vision de la DAT et de son rôle dans ce dispositif, les résultats à Romans et ses motivations pour poursuivre.

La Maire de Romans-sur-Isère a également souligné que « le soutien de Break Poverty dans la mise en œuvre du dispositif a été déterminant dans la réussite du projet (…). Leur méthode, orientée vers la redevabilité et la mesure d’impact permet d’engager les partenaires dans la durée. »

Près de 3 ans après le lancement du dispositif, Marie-Hélène Thoraval compte bien poursuivre la dynamique créée grâce à la DAT  : « la confiance est née du résultat qu’on a obtenu, de l’implication de chacune des parties ; c’est ce qui fait le lien et ce lien, c’est ce que nous allons utiliser pour les trois prochaines années. »

Une opportunité pour les entreprises de s’engager localement

Alors qu’en France, seules 9% des entreprises font du mécénat, et moins de 2% du mécénat social, Philippe Choteau, Directeur Général de In Extenso Nord de France, a choisi de s’engager pour les jeunes de Béthune grâce à la DAT.

Ce qui a convaincu ce chef d’entreprise à prendre part à la DAT ? « Le caractère collectif de l’opération, qui impliquait la collectivité, l’état, les associations locales et surtout les entrepreneurs. »

Témoignage de Philippe Choteau, Directeur Général de In Extenso Nord de France, engagé depuis 2020 dans la DAT de Béthune : ses motivations, le choix du projet soutenu, l’implication de ses salariés, l’impact de la crise actuelle

Il a été séduit par l’efficacité de la démarche et le lien créé avec ses salariés : « Quand on est chef d’entreprise, on raisonne beaucoup avec des plans d’actions (…), avec des objectifs suivis et chiffrés, et c’est aussi quelque chose qui m’a beaucoup plu dans la DAT. (…) Je voulais aussi que ce soit un projet collectif à l’intérieur de notre entreprise et que les collaborateurs se l’approprient. »
Interrogé sur le contexte actuel et l’impact de la crise du Covid, Philippe Choteau a assuré qu’il ferait tout pour pérenniser son engagement :
« effectivement c’est compliqué pour nous (…) néanmoins nous sommes très sensibilisés par le fait que cette crise va aggraver la fracture sociale et augmenter les chiffres de la pauvreté, et notre engagement reste fort. »

Un appel à rejoindre ce réseau de territoires engagés

La DAT est actuellement en déploiement partout en France, avec un objectif de 50 territoires en 3 ans, pour bénéficier à 100 000 jeunes.

« Toutes les structures qui partagent notre ambition et notre volonté de changer d’échelle dans la lutte contre la pauvreté des jeunes peuvent porter une DAT ! Nos équipes  accompagnent déjà des mairies, des conseils départementaux, des clubs d’entreprises, une fondation territoriale et un incubateur » explique Charlotte Wambergue, Responsable nationale de l’essaimage du dispositif chez Break Poverty.

La DAT : pourquoi, comment, quels résultats ? par Denis Metzger – Président, Valérie Daher – Directrice Générale, et Charlotte Wambergue – Responsable des Programmes.

Concrètement « nous avons une méthode rigoureuse et qui a fait ses preuves. Nous formons et accompagnons sans aucun frais le porteur de DAT sur toutes les étapes, en adaptant nos outils à son contexte et à ses attentes. Le seul besoin est la mise à disposition d’une ressource à mi-temps sur le projet. »

Une méthode soutenue par la Stratégie Nationale de Prévention et de Lutte contre la Pauvreté

Marine Jeantet, Déléguée interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, a par ailleurs réitéré son soutien à la Dotation d’Action Territoriale.

Elle a rappelé le contexte économique et social difficile ainsi que ses répercussions sur les plus précaires, et en particulier les plus jeunes qui sont les premiers touchés. Pour répondre au défi de la précarité des jeunes, la Stratégie Pauvreté s’articule autour de trois piliers : le COLLECTIF, le LOCAL et l’IMPACT.

Intervention de Marine Jeantet, Déléguée Interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, réaffirmant son soutien à la DAT

C’est pourquoi Marine Jeantet encourage les acteurs des territoires à soutenir la DAT qui conjugue ces trois piliers : « On a besoin de tout le monde pour changer d’échelle (…). On a besoin notamment du secteur privé qui est trop souvent éloigné de ces actions sociales (…), et on voit bien dans l’action de Break Poverty que ça marche puisque dans les entreprises accompagnées, 35% n’avaient jamais fait de mécénat social avant. »

Valérie Daher, Directrice Générale de Break Poverty, a rendu compte de l’impact fort des alliances territoriales créées par la DAT : « Le dispositif compte déjà plus de 3000 bénéficiaires accompagnés à Nantes, Romans et Béthune, et en moyenne 30.000 euros de financements supplémentaires par an et par association soutenue ».

C’est pour l’efficacité de ces alliances territoriales que Marine Jeantet a ainsi appelé les territoires à se mobiliser :

« J'encourage tous les élus qui sont présents à s'inscrire dans ces démarches car ce sont les seules qui sont durables et surtout efficaces »
Marine Jeantet, Déléguée Interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté.

 

 

Crédit photo : l’équipe de Break Poverty.