Les Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV) définis en 2014 par la loi Ville et cohésion urbaine sont des quartiers dits « prioritaires » où les chiffres de la pauvreté sont bien plus élevés qu’ailleurs. Ces quartiers font l’objet de mesures visant à compenser les écarts de niveau de vie avec le reste du territoire français.

Une pauvreté qui touche particulièrement les jeunes

Comme l’indique le graphique ci-après, la part des enfants en situation de pauvreté dans les QPV est 2 à 3 fois plus élevée que dans le reste de la France. Il en est de même pour le taux de pauvreté monétaire globale.

Il s’agit d’une population particulièrement touchée par la pauvreté, mais aussi essentiellement jeune : les moins de 25 ans représentent 39,1% de la population des QPV, contre une part de 29,9% dans le reste de la France métropolitaine.

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Le revenu médian en euros dans les Quartiers Prioritaires (QPV)

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Le revenu médian en euros dans le reste de la France

Evidemment, ce constat sur les difficultés financières a une influence directe sur les conditions d’éducation et l’accès à l’emploi pour les habitants de ces quartiers pauvres.

Un niveau d’éducation fragilisé

On le sait, le niveau d’éducation conditionne en grande partie la trajectoire professionnelle d’un jeune.

Malheureusement, l’enseignement dont les élèves bénéficient dans les QPV pâtit d’un turnover important des professeurs des écoles : la part des professeurs en poste depuis moins de 2 ans est de 41,8 % dans les écoles situées dans les QPV, contre 36,9 % dans le reste de la France.

Les difficultés scolaires que rencontrent souvent ces jeunes défavorisés, combinées à des turnovers importants des enseignants se traduisent notamment par un taux de réussite moindre au baccalauréat. En effet, le taux de réussite à cet examen est plus faible de 28 points dans les quartiers pauvres comparativement au reste de la France :

L’accès à l’emploi rendu particulièrement difficile pour les jeunes des QPV

La première conséquence de l’écart de niveau de diplômes entre les jeunes issus des quartiers pauvres et les autres, c’est la difficulté de s’insérer professionnellement. Ils subissent la précarité de l’emploi de plein fouet, qui se traduit par un taux de chômage 3 à 4 fois plus élevés pour les jeunes des QPV. Si le chômage est un fléau qui concerne largement les populations jeunes de ces quartiers, il touche également les habitants de QPV à tout âge, puisque le taux de chômage y est 2 à 3 fois plus élevé que dans le reste de la France.

Malheureusement, même pour ceux qui ne sont pas sans emploi, ils sont nombreux à enchaîner les emplois précaires, n’assurant de ce fait aucune stabilité financière et sociale. Pour de nombreux jeunes peu qualifiés, ils vont occuper des emplois CSP-, comme leurs parents : la part des actifs employés et ouvriers dans les QPV est de 74,3 %, contre 47 % dans le reste de la France.

On sait qu’il sera très difficile pour ces jeunes défavorisés de trouver une voie leur assurant une carrière professionnelle stable. Il est donc nécessaire de proposer un accompagnement à l’insertion professionnelle pour eux, un tel suivi leur permettra de trouver un projet en phase avec leur motivation et de sortir durablement de la pauvreté.

Depuis son origine, Break Poverty agit à l’échelle locale pour éradiquer durablement le déterminisme social qui persiste en France. A travers ses programmes tels que la DAT ou le projet Réussite Connecté, Break Poverty est présent au quotidien dans plusieurs de ces quartiers de France où le fléau de la pauvreté condamne chaque année des milliers de jeunes.

Pour que les enfants pauvres ne deviennent pas des adultes pauvres.

Crédits photos : Assad Tanoli, Unsplash 

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