L’engagement des entreprises nantaises auprès des jeunes défavorisés

Retour sur le déjeuner-rencontre autour de l’engagement des entreprises nantaises auprès des jeunes défavorisés

Le 17 septembre 2020, associations, entreprises et pouvoirs publics se sont réunis dans les locaux d’Harmonie Mutuelle pour un point d’étape de la démarche initiée par la Fondation Break Poverty : la Dotation d’Action Territoriale (DAT).         

Ecoutez ici l’intégralité de la table ronde :

Il y a un an, la DAT s’implantait sur la métropole de Nantes avec l’ambition de mobiliser largement les entreprises locales au service de la jeunesse défavorisée. Aujourd’hui, ce sont 22 entreprises et fondations qui se mobilisent pour soutenir financièrement 9 projets associatifs engagés dans la lutte contre les inégalités sociales. Cela représente près de 275 000 euros et permet d’accompagner plus de 7300 bénéficiaires sur les années 2020-2021.

C’est autour d’une table-ronde que se sont retrouvées associations bénéficiaires et entreprises engagées pour témoigner de la pertinence du dispositif.

Des associations plus que jamais mobilisées en temps de crise

Face aux nouveaux défis imposés par le confinement et ses conséquences, les associations soutenues par le programme ont dû faire preuve d’adaptation et de réactivité. Aïcha Tarek, Présidente de l’association de soutien scolaire Regart’s, raconte que, grâce à la DAT, l’association a pu mettre en place des vacances « dynamisantes » à destination d’enfants âgés de 6 à 10 ans dès le mois de juillet. Cela a permis de contribuer à rattraper le retard scolaire accumulé, notamment en lecture, et de retisser le lien avec l’école. Les enfants, interrogés sur ce qu’ils avaient préféré de l’accompagnement – qui associait également des temps de loisirs -, ont tous répondu : « l’institutrice ».

Pour le projet BRIO, représentée par sa responsable Ellen Kouzoubachian, il a été indispensable de repenser la manière de favoriser l’ouverture culturelle, un des piliers du programme qui s’adresse aux lycées issus de milieux modestes. Le tout devant se réaliser à distance, cela a mis en lumière le besoin d’accès au numérique. Grâce à l’appel à projets Connexion d’Urgence mis en place par la Fondation Break Poverty, Emmaüs Connect et le collectif mentorat AFEV, BRIO a pu faire face aux enjeux de la fracture numérique en fournissant du matériel informatique à ceux qui en avaient besoin.

Dans le cadre de la lutte contre le décrochage scolaire à travers l’inclusion numérique, la Fondation Break Poverty poursuit son action afin d’offrir les mêmes chances de réussite à chaque jeune en les équipant d’un ordinateur, d’une connexion internet et d’un programme de mentorat pendant un an. Cliquez ici pour en savoir plus. 

Un fort engagement des entreprises sur le territoire

Lionel Fournier, Directeur d’Harmonie Mutuelle Atlantique, a commencé par rappeler que la santé passait par l’inclusion et l’accès à l’emploi. Selon lui, la DAT a permis de pérenniser le projet Jeunes Envie Motivation d’Escalade Entreprises et par là-même de « sauver des vies ». En effet, le programme agit pour le raccrochage scolaire précoce des jeunes de 14 à 16 ans.

Interrogé sur l’engagement des entreprises en temps de crise, M. Fournier réaffirme la nécessité d’être solidaires : « Une entreprise ne peut pas aller bien dans une société qui va mal ». Pour l’entreprise Aplix, deuxième mondial des systèmes de fixation et de fermeture auto-agrippants : « la philosophie est d’accompagner l’engagement des salariés » déclare Sandrine Pelletier, Directrice Générale. Le groupe apporte non seulement son soutien financier à la DAT, mais souhaite également offrir du mécénat de compétences pour permettre aux employés d’être investis dans des projets sociaux. Gilles de Larauze enfin, fondateur de la crèche Happy Ba’bees de Bellevue, s’apprête à ouvrir deux nouvelles crèches pour « changer la vie des quartiers » dans lesquels elles sont implantées. Son rêve ? « Une société de demain plus inclusive et collaborative ». En ouvrant des crèches, l’entrepreneur s’est promis de venir en aide aux associations locales. La DAT, ouverte à toutes les entreprises, s’est présentée à lui « comme une évidence », lui offrant l’opportunité de contribuer à la hauteur de ses moyens.

Un soutien réaffirmé de la ville de Nantes

Pour Bassem Asseh, premier adjoint au maire de Nantes, « la rencontre des gens et des acteurs du territoire permet de casser le cercle vicieux pour prévenir la pauvreté et trouver un premier emploi aux jeunes défavorisés ». Il n’en est pas moins pour André Sobczak, qui félicite la Fondation Break Poverty d’avoir « relevé le défi » de la mobilisation collective en offrant une « complémentarité aux actions déjà existantes sur le territoire, en construisant sur ce qui existait déjà ». Nantes, ville engagée qui a apporté son soutien au dispositif, est « le bon territoire pour la DAT du fait de la capacité des acteurs à travailler ensemble », ajoute le Vice-Président de Nantes Métropole en charge de l’Europe, de l’emploi et de la RSE.

Une démarche en cours d’essaimage dans la région

La collaboration est aussi un élément clef du développement social du territoire pour Anne Postic, Commissaire à la prévention et à la lutte contre la pauvreté de la région Pays de la Loire, qui déclare : « les pouvoirs publics ne peuvent pas tout, il faut toutes les forces d’une nation », en rappelant l’inscription de la DAT dans la Stratégie Nationale de Prévention et de Lutte contre la Pauvreté. Mme Postic incite également d’autres collectivités à s’emparer de la démarche car « l’essaimage doit être porté au plus proche des personnes ».  Sarah El Haïry, n’ayant malheureusement pas pu se rendre sur place, clôture la rencontre en remerciant tous ceux présents à travers une vidéo. C’est dans un réel élan d’encouragement que la Secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse et de l’engagement s’adresse à l’audience : « C’est ça qui doit être le plus important : comment faire ensemble, comment mieux faire ensemble. »

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