Covid-19 : La double peine pour nos plus fragiles

Dès le 19 mars, le Premier Ministre Edouard Philippe l’annonce : « Nous sommes entrés dans une crise sanitaire jamais vue, jamais connue en France depuis un siècle, et cette crise sanitaire va imposer un coup d’arrêt puissant, massif, brutal, à notre économie ». Cette crise engendrera aussi une transformation puissante, massive et brutale de nos habitudes collectives de vie ».

Du jour au lendemain, la vie de tous les français a basculé.

Mais alors que la pandémie du Covid-19 progresse en France, force est de constater que les familles les plus fragiles font déjà les frais d’une double peine : confrontées elles-mêmes à une perte de revenus, leurs enfants font souvent face à un défi insurmontable : continuer d’apprendre, sans en avoir ni les moyens, ni le soutien parental.

Quand la menace économique s’associe à la menace sanitaire

Malgré certaines mesures phares annoncées et mises en place par le gouvernement, à l’instar de la prorogation de la trêve hivernale, les pauvres de notre pays seront beaucoup plus sévèrement touchés par cette crise, et en premier lieu, au titre de leurs revenus.

Beaucoup d’emplois précaires, ceux payés à l’heure ou à la tâche, ont déjà disparu. Que l’on soit femme de ménage, jardinier, chauffeur de VTC, employé d’appoint à domicile ou garde d’enfants, beaucoup sont impactés. Suivis dans un proche avenir par les emplois en CDD qui ne seront pas renouvelés. Et ce, sans indemnités.

Pour d’autres, un dilemme cornélien se pose : leur santé ou leurs revenus. Occupant des métiers où le télétravail est souvent impossible, beaucoup de personnes en situation de précarité se trouvent en première ligne, face à un ennemi invisible. 6 emplois sur 10 ne peuvent être exercés à distance. Et parmi ces emplois, un grand nombre reste en activité malgré le confinement.

Ils sont facteurs, hôtesses de caisse, ouvriers dans l’agroalimentaire… Souvent privés de masques, ou de solutions hydroalcooliques qui leur permettraient de réduire les risques, beaucoup ont l’impression d’être condamnés à la roulette russe. Mais ils n’ont pas le choix. Exercer leur droit de retrait générerait une baisse de salaire qui les conduirait à un drame.

Et pour les écoliers, la menace du décrochage scolaire

On le sait, en matière de réussite scolaire, tous les écoliers ne sont malheureusement pas aujourd’hui sur un pied d’égalité. Selon l’INSEE, 24% des élèves issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) arrivent en sixième avec du retard, augmentant ainsi leurs chances de décrocher par la suite. Pour les élèves plus favorisés, le nombre de retardataires tombe à 9%.

Ces inégalités risquent de se creuser sérieusement avec la crise actuelle.

La pandémie a contraint le gouvernement à prendre des mesures drastiques mais nécessaires : la fermeture de tous les lieux d’éducation (crèches, écoles, collèges, lycées, universités). Afin d’assurer la poursuite de l’enseignement, les établissements proposent le plus souvent des solutions numériques : visioconférence, mise à disposition de cours en ligne, etc.

Mais pour beaucoup, cet accès à l’école à distance restera une cruelle utopie car il n’y a pas d’ordinateur ou de connexion à internet chez eux.  Et même s’ils existent, l’espace restreint dans lequel ils habitent les empêche de travailler sereinement.  Les risques de décrochage et de perte de confiance sont alors importants. Les écarts déjà colossaux en matière d’éducation ne peuvent que se creuser davantage.

Il est de notre devoir de soutenir ces familles et ces enfants, et de ne pas abandonner les jeunes frappés par la fermeture des écoles. Sans notre aide, un grand nombre d’entre eux sombreront dans l’échec

Nous sommes tous concernés. Et parce que cette crise résonne si près de chez nous, et de ceux que nous aimons, la tentation est grande de détourner le regard et d’ignorer nos compatriotes les plus vulnérables. Pourtant, chacune de nos difficultés sera pour eux décuplée.

Dès maintenant, pensez à eux, soutenez Break Poverty, et faites un don.



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